La voix de la démocratie

Alors que je déambule dans les rues de Koya, je suis intrigué par un panneau signalant les locaux d’une radio locale : Sound of democracy. Je frappe à la porte, entre et me présente. On m’accueille sans hésitation, et l’on me fait visiter ces locaux modestes.
Je fais la connaissance d’Issah, journaliste et présentateur.

C’est Vendredi midi, et Issah insiste pour que je vienne déjeuner chez lui, faire la connaissance de ses parents et de son frère aîné, Mohamed, également journaliste. Nous sortons donc des locaux de la radio. Face à ceux-ci, se dresse le siège local de l’Union Patriotique du Kurdistan, le parti de J. Talabani, ici tout puissant.

Après une quinzaine de minutes à travers les ruelles de la ville, nous arrivons dans la petite maison de la famille d’Issah. J’y suis reçu avec chaleur, simplicité et même amitié.

Après le repas, Mohamed souhaite me faire visiter la télévision locale où il travaille. Nous marcherons un quart d’heure et rejoindrons les locaux de la télévision, situés sur un piton, comme un poste militaire stratégique. L’entrée est sévèrement gardée.

Avec fierté, l’équipe me fait visiter ses locaux et me montre son matériel, son activité. On diffuse ici pour un public d’environ 70.000 personnes de la ville de Koya.



Cette télévision “libre” appartient au parti régional au pouvoir, l’UPK, parti du président de la République irakienne. Interrogé sur sa liberté de journaliste, mon interlocuteur me dira qu’elle est entière, et pour preuve, me montrera sa carte de syndicaliste.
Qui peut juger ?

La forteresse d’Erbil
L’imposante forteresse veille sur la ville.




Promenade dans la forteresse d’Erbil







La forteresse et les outrages du temps
Les ruines du musée
Incendié il y a quelques semaines, le musée d’Erbil ne présente plus que cette désolation. Les objets “survivants” à la catastrophe sont à même le sol.



Surveillance et reconstruction de la forteresse
L’ensemble de la citadelle abritait autrefois un habitat particulièrement pauvre et constitué de maisons délabrées. Depuis qu’il a été décidé sa rénovation, la citadelle a été vidée de ses habitants, interdite au public (en dehors de son axe central) et un vaste projet de réhabilitation, financé par le Japon, est à l’étude. Une fois achevée, cette rénovation dotera la ville d’Erbil, d’un pôle historique et culturel, voire touristique, qui donnera un peu d’âme à une ville dans l’ensemble peu avenante.
Cette rénovation, et la place ainsi donnée au passé, permettra, je crois, que les nombreuses constructions nouvelles s’inscrivent dans une autre dynamique que celle de la table rase.
PS : j’ai rencontré ici un ouvrier qui rentrait de Norvège où il avait passé trois ans. Quel plaisir de parler ensemble norvégien, l’un kurde irakien, l’autre français, unis par cette langue d’adoption.




L’université d’Erbil
L’ENTREE DE L’UNIVERSITE, LA FACULTE DES SCIENCES

L’entrée de l’Université est gardée par les forces armées kurdes. Quoique considéré comme très calme, personne n’oublie que nous sommes ici à une cinquantaine de kilomètres de Mossoul, capitale de la “résistance” irakienne et de son terrorisme souvent aveugle.
LA RESIDENCE UNIVERSITAIRE



La toute récente résidence universitaire pour garçons témoigne du souci des autorités de favoriser l’enseignement supérieur. Le confort y est indéniable, au moins égal à celui connu dans les pays européens.
DES LOCAUX AU LOURD PASSE


Ces locaux de l’actuelle faculté de sciences de l’Université d’Erbil rappellent de mauvais souvenirs aux habitants. C’était autrefois une des prisons du régime de Saddam Hussein. Avoir choisi d’en faire un lieu de savoir et d’avenir montre un souci très estimable de changer le cours des choses.
LES PREFABRIQUES DES ETUDIANTS EN LANGUES ETRANGERES


Les locaux provisoires des étudiants en Anglais ne satisfont personne. J’ai tenté d’expliquer qu’en France nous avionsles mêmes problèmes… ce qui a déçu mes camarades kurdes. La France devrait être parfaite…
LA CAFETERIA, UN LIEU DE CONVIVIALITE ETUDIANTE



Le sponsor Coca-cola est omniprésent…
Etudiants d’Erbil











Colocation étudiante
Non loin de l’hôtel Shayan où je m’étais établi, un immeuble accueille les étudiants qui n’ont pas eu de place dans la nouvelle résidence universitaire. Le bâtiment est modeste, et chaque appartement surpeuplé. Ces étudiants en psychologie souhaitent témoigner de leurs conditions de vie difficile. Je leur promets de relayer l’info, mais en même temps, plus que cette promiscuité, effectivement difficilement conciliable avec les études, je suis envahi par l’atmosphère conviviale et douce. Je me sens bien avec eux…














Rencontres dans les rues d’Erbil






